Moins de 40 000 transmissions de fonds de commerce en 2015 pour une valeur moyenne proche de 180 000 €

Source Bodacc.fr

La restauration sans appétit

Dans un contexte économique encore fragile et ébranlé par les attentats de janvier et novembre, le PIB français a progressé de 1,1 % en 2015. Cette croissance reste encore molle. Or c’est bien un coup de mou que connaît le marché de la transmission de fonds de commerce. Un peu moins de 40 000 activités ont changé de mains, c’est un chiffre en recul de 9,1 % sur un an et inférieur de 10 % à la moyenne des cinq dernières années. Le commerce de détail et la restauration, traditionnellement les plus nombreux, comptabilisent cette année encore à eux seuls 16 000 transactions. Mais la restauration connaît depuis trois ans un recul sensible du nombre d’opérations tombant de plus de 10 000 reprises en 2012 à moins de 8 000 en 2015. C’est là une explication de la baisse du nombre de transactions en 2015. En effet, corrigé des opérations atypiques ou non récurrentes, comme c’était par exemple le cas dans le commerce de magasins multi-rayons en 2014, le volume des échanges n’aurait reculé que d’un millier d’unités en 2015 et les deux tiers seraient imputables à la seule activité de restauration.

La reprise est encore portée par des créateurs d’entreprises, à 46 %. Cependant, ce taux, qui était encore de 54 % en 2011, a tendance à baisser sur cinq ans. Le recul des achats de fonds de commerce dans la restauration explique là encore pour partie cet effritement : 80 % des activités de restauration sont en effet reprises dans le cadre d’une création d’entreprise.

La valeur moyenne des transactions accuse une baisse de 5,1 % sur un an, juste sous les 180 000 €. Ce montant est inférieur de 10 000 € à la moyenne des cinq dernières années mais demeure au-dessus des valeurs enregistrées sur les années 2008 à 2010 (175 000 €). C’est dans la pharmacie que les prix sont en moyenne les plus élevés (1 062 000 €). Les valorisations approchent 370 000 € dans l’hôtellerie, 260 000 € dans l’optique, 200 000 € en boulangerie. Les fonds se sont échangés autour de 160 000 € en restauration traditionnelle ou débits de boissons, 140 000 € dans l’habillement de détail, 100 000 € en maçonnerie générale, 80 000 € en restauration rapide et sous les 60 000 € en coiffure ou soins de beauté. Rapportés au chiffre d’affaires du vendeur, ces prix représentent en moyenne quatre mois à un an d’activité.

Une valorisation en retrait de 5 %

Bloquée à 175 000 € de 2008 à 2010, la valorisation des fonds de commerce avait franchi le seuil des 180 000 € à partir de 2011 jusqu’à approcher 200 000 € en 2012, dopée par des PME soucieuses d’accélérer leur développement par des opérations de croissance externe. Depuis, le prix de cession s’effrite mais il s’établit encore aux environs de 190 000 € en moyenne sur cinq ans. En 2015, la valorisation s’inscrit à nouveau en baisse et se fixe aux environs de 180 000 €, en retrait de 5,1 % par rapport à 2014 mais aussi par rapport à la moyenne sur cinq ans.

Les prix, en recul dans la plupart des secteurs, augmentent cependant à la fois sur un an et sur cinq ans pour quelques activités. C’est le cas, en particulier, des travaux publics (428 000 €), des services informatiques comme l’hébergement (334 000 €) ou des voyages (178 000 €). Sur le territoire, trois régions tirent les prix au-delà de 200 000 € : Île-de-France, Nord-Pas-de-Calais et Picardie. Ces deux dernières enregistrent même une hausse sur un an et sur cinq ans.

Des créations d’entreprises par reprise d’un fonds, davantage pérennes

En 2015, le nombre de reprises de fonds de commerce accuse une chute sensible par rapport à 2014 (- 9,1 %) tombant juste sous le seuil des 40 000 (39 835). Ce nombre est significativement en dessous de la moyenne sur cinq ans (44 000), étayée par une année 2012 très dynamique avec plus de 48 000 reprises et de nombreux mouvements dans la grande distribution enregistrés en 2014. Dans un périmètre comparable, corrigé des valeurs atypiques, le nombre de reprises reculerait en 2015 de 2,6 %. La baisse serait même deux fois moindre (- 1,3 %) hors activité restauration.

Si le nombre de repreneurs recule légèrement, ces reprises conservent une remarquable pérennité. En effet, près de 88 % de l’ensemble des repreneurs du millésime 2011 sont encore actifs en 2015 soit cinq ans plus tard, taux déjà observé sur les millésimes précédents.

Les seuls repreneurs créateurs de ce millésime 2011 sont encore 85 % à être toujours débout cinq ans après. La création d’une entreprise par reprise d’un fonds de commerce demeure donc bien davantage pérenne que l’ensemble des créations.

Rappelons que l’INSEE observe un taux de survie à cinq ans des entreprises créées en 2006 de seulement 51,5 %.

Une valeur moyenne en hausse sur les entreprises sans salarié

En comparaison de la moyenne à cinq ans comme des valeurs 2014, les valorisations des fonds de commerce s’abaissent quelle que soit la taille de l’entreprise.

Toutefois, les prix des fonds des très petites entreprises (TPE) ont davantage résisté (162 700 €) et se sont même appréciés pour celles ne comptant pas de salarié. Les acheteurs sans salarié ont déboursé plus de 184 000 € pour acquérir un fonds de commerce. C’est 7 000 € de plus sur un an et 25 000 € par rapport à la moyenne sur cinq ans. Cela concerne essentiellement des microentreprises de commerce de détail tel que l’habillement, l’alimentation, l’équipement du foyer ou les débits de boissons. Les activités les plus importantes se sont elles aussi renchéries sur 2015 après avoir chuté en 2014. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) ont ainsi racheté les fonds de commerce 466 000 € en moyenne. Ces repreneurs sont majoritairement déjà installés depuis plusieurs décennies. Il s’agit de rachats ou des réorganisations intragroupes, en particulier en hypermarchés et parfumeries.

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont toujours présentes sur le marché de la reprise puisque leur nombre ne baisse que de 1,7 % contre - 9,1 % pour l’ensemble des repreneurs. D’autant que ces acheteurs peuvent faire des acquisitions moins onéreuses. Le prix d’achat recule depuis trois ans et tombe sous les 325 000 € en 2015.

Source Bodacc.fr